Batiste avec l’un de ses silures pêchés au Lac du Der

Le gros silure du lac du Der et d’ailleurs suscite souvent la controverse parmi les pêcheurs et les gestionnaires d’espaces aquatiques. Certains projets visent à le classer comme « espèce susceptible de causer des déséquilibres biologiques », mais cette vision me semble réductrice et simpliste au regard des nombreux facteurs qui influencent nos écosystèmes.

Les pressions réelles sur les populations de poissons migrateurs

La pêche professionnelle et ses impacts

Si le silure peut exercer une pression de prédation sur certaines espèces migratrices, il n’est pas le seul responsable. L’intensification de la pêche professionnelle, les filets mal positionnés et les maillages restreints jouent un rôle majeur dans le déclin de ces populations.

La gestion de l’eau et des milieux naturels

La continuité écologique reste fragilisée par une gestion hydrologique insuffisante. La transformation des prairies en cultures, la disparition des haies et des zones humides augmentent les assecs estivaux et dégradent les conditions favorables aux cycles biologiques des espèces migratrices.

La qualité de l’eau et les rejets

Les rejets des stations d’épuration et la dégradation de l’habitat touchent l’ensemble des espèces aquatiques. Ces facteurs structurels doivent être pris en compte avant d’imputer la responsabilité au silure.

Observations de terrain : un rôle régulateur du silure

Dans certains plans d’eau que j’ai gérés, l’arrivée du gros silure du lac du Der a permis de rééquilibrer les populations : diminution des poissons-chats envahissants et retour de poissons blancs diversifiés, sans impact sur les autres carnassiers.

 

Une mobilisation nécessaire pour la pêche

Si les pêcheurs et passionnés de nature ne se mobilisent pas, toutes les espèces, même celles introduites comme la carpe ou le black-bass, risquent d’être pointées du doigt à tort, et la pêche sera toujours la cible des anti-pêche. Une approche globale, tenant compte de toutes les pressions, est indispensable.