Quand une discussion sur un bateau devient une émotion imprimée
Il y a des moments qui restent en tête sans qu’on y prête tout de suite attention. Lors d’une prestation de guidage, Jean-Charles m’avait glissé, presque naturellement, que j’apparaîtrais dans un livre. Sur le moment, on écoute, on sourit… puis le temps passe. Les saisons défilent, les poissons aussi.
Cet hiver, poussé par la curiosité, j’ai fait quelques recherches. Et là, je l’ai trouvé. Le livre La passion au bout de la ligne de Charles-Antoine Roucayrol. Je l’ai acheté, puis dévoré.
Un livre qui parle avant tout d’humain
Très vite, on comprend que La passion au bout de la ligne raconte bien plus qu’une simple histoire de pêche. Ce livre parle de relations humaines, de transmission et surtout de liens familiaux construits au fil du temps, souvent au bord de l’eau.
La pêche devient ici un prétexte noble pour rassembler, pour transmettre des valeurs, pour créer des souvenirs durables entre générations. On y retrouve cette passion qui se transmet sans discours, simplement par la pratique, l’observation et le partage.
Une passion qui révèle aussi une réalité plus fragile
Au fil des pages, le livre met également en lumière une réalité que beaucoup connaissent mais que peu prennent le temps d’écrire : le déclin progressif de notre milieu halieutique français.
Moins de poissons, des milieux fragilisés, des équilibres rompus. Sans jamais tomber dans le pessimisme, l’auteur décrit avec justesse l’évolution de nos rivières et de nos pratiques. En tant que moniteur guide de pêche, cette lecture résonne forcément. Elle rappelle que notre rôle ne se limite pas à faire prendre du poisson, mais aussi à sensibiliser, expliquer et protéger.
Une reconnaissance écrite qui prend tout son sens
Dans ce contexte, découvrir son nom cité noir sur blanc dans ce livre prend une dimension toute particulière. Être associé à d’autres guides, à d’autres parcours, c’est aussi être reconnu comme acteur de cette transmission et de cette prise de conscience.
Quand on exerce le métier de moniteur guide de pêche, on agit souvent dans l’ombre, au fil des saisons. Voir cette reconnaissance écrite, posée calmement dans un ouvrage, donne du sens au travail accompli et à l’engagement quotidien.
Continuer à transmettre, avec responsabilité
Ce livre rappelle pourquoi nous faisons ce métier. Transmettre une passion, oui, mais aussi transmettre le respect du milieu, l’amour de la nature et l’importance de préserver ce qui nous a tant donné.
Aujourd’hui plus que jamais, continuer à guider, à expliquer et à partager cette passion est essentiel. Pour que demain, d’autres puissent eux aussi créer des souvenirs… au bout de la ligne.
Une passion qui pousse à parcourir le monde
Ce livre témoigne aussi de cette passion puissante et dévorante, celle qui pousse à voyager presque partout dans le monde pour aller à la rencontre des poissons et des milieux. Des salmonidés emblématiques comme la truite, l’ombre, le huchon ou l’omble arctique, jusqu’aux carnassiers d’eau douce tels que le brochet et la perche cendrée. Sans oublier les eaux salées, où la quête continue à la recherche du bar, du barracuda, du requin ou encore des carangues.
À travers ces voyages et ces espèces, on comprend que la pêche dépasse largement la notion de technique ou de prise. Elle devient une exploration, une ouverture sur d’autres cultures halieutiques et une façon de mieux mesurer la richesse, mais aussi la fragilité, des milieux aquatiques à l’échelle mondiale.
Remerciements
Un grand merci à Charles-Antoine Roucayrol pour ce livre sincère et inspirant. Mettre des mots sur une passion, sur des parcours et sur un métier souvent discret n’est pas chose simple. À travers La passion au bout de la ligne, il offre une vraie reconnaissance à celles et ceux qui vivent la pêche au quotidien, tout en rappelant l’importance de préserver nos milieux. Merci pour cette mise en lumière, pour cette justesse, et pour ce témoignage qui restera.